LES ÉCHAPPÉES

Arpenter la ville, redécouvrir des lieux, les investir et y laisser un instant dansé.

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Les échappées sont nées en réponse à une profonde nécessité : celle de créer des espaces de danse et plus largement des rencontres dansées, imaginées et vécues comme des « bulles d’oxygène » vitales. L’espace public étant perçu comme lieu où l’on échappe à notre sphère intime, où l’on se projette dans la vie et où l’on peut se sentir exister, se sentir vivant par le simple fait de se retrouver au cœur d’une foule d’autres individus, autour de nous, en mouvement et en interaction…Sortir du silence pour gouter au plaisir du brouhaha ambiant dont on va percevoir des bribes de conversations qui jaillissent de l’inaudible, des petits moments intimes comme volés par une oreille indiscrète traînant par là. Avoir le sentiment d’être tout petit au milieu de toutes ces vies et prendre du recul sur sa propre existence ou ses propres expériences…Ouvrir un espace de déambulation aléatoire, lorsque ce n’est plus la destination du trajet qui nous importe mais le chemin parcouru dans cet espace hors de soi et hors de tout, « de-hors ».

 

Après une année de confinement, nous souhaitions donc investir ou réinvestir certains espaces publics qui nous manquaient inconsciemment ; Échanger autour de ce qu’ils pouvaient nous évoquer : quel rapport peut-on entretenir avec ces endroits précis ? En quoi peuvent-ils créer du sens pour nous en étant chargés d’anecdotes personnelles ou de souvenirs plus collectifs ?

Ce besoin donc d’échanger par le corps, le mouvement, dans l’instant ; Sentir ce qu’il devient possible de faire en traversant de nouveau une rue ou en s’asseyant sur le banc d’une place… Quels types d’échanges peuvent-ils en découler ? Dans quelle dynamique, élan, énergie ? Et surtout quelles interactions éphémères, dans l’instant ? 

 

Chaque mois, un danseur propose un lieu de rencontre dans un espace public, évocateur ou aléatoire. Les performances, les écritures du geste et de l’espace qui en découlent sont filmées pour garder une trace de l’instant. Le rapport à la vidéo devient ici pensé, au-delà d’une simple captation : l’occasion d’interroger la place du regard, le point de vue, l’angle, pour rendre compte de ces corps en mouvement. Les spectateurs de la vidéodanse prennent tantôt la place d’un simple passant ou parfois, s’approprient l’espace comme nous le faisons en tant que danseurs, c’est à dire en goutant eux aussi à cette énergie, ce plaisir du mouvement partagé dans, par, pour, sur et au cœur de l’instant…

 

Lorsque le regard se perd dans l’espace, quelle place peut alors prendre « le danseur in-situ », le simple « passant-par-là », et le « vidéaste en mouvement » ? « Le lieu (tout entier) devient (alors) lieu de danse parce que la danse y entre et l’envahit (Isabelle Hernandez) » : Les frontières entre ces trois postures s’effacent progressivement lorsque le danseur se met à contempler ceux qui passent, le passant traverse l’espace de danse et se connecte aux danseurs par le simple regard et la caméra elle-même, en état de danse.